Toxique Affaire



Roman écrit pendant la classe courant 2015-16, droit d'auteur réservé.

1. Une nouvelle enquête

Toc, toc, toc !
- Qui frappe à ma porte ? m’écrié-je, surpris qu’on frappe à ma porte à une heure aussi tardive. Mon bureau est fermé depuis une heure et je rêvasse en mâchant un détritus végétal.
- Je voudrais parler à l'inspecteur Collembole ! 
Ce visiteur n'est pas du coin car d'habitude, les insectes du quartier me surnomment « IC » à cause de mes initiales et aussi pour le jeu de mots (devinez lequel !). C’est vrai que j’ai résolu pas mal d’enquêtes ces temps-ci et plusieurs collègues ont mis la clé sous la porte depuis mon arrivée, faute de clients. Mais les insectes exagèrent toujours un peu - je ne sais pas tout. Bon, je vous raconte un peu ma vie mais… faut bien faire connaissance, non ?

Toc, toc, toc !
- J’y vais, mais à une condition, que tu m’offres une glace ! dit P6P tout content. P6P, c’est Psycho-Six-Pattes, mon nouvel assistant. Je ne sais pas d’où lui vient ce surnom... Il est assez original bien qu’il me coure un peu sur le haricot. Vous allez comprendre pourquoi…
 - Depuis que je suis stagiaire ici, se plaint P6P, je n'ai plus le temps de manger des glaces. En plus, ils ont sorti un nouveau goût : feuille de lierre glaçage au miel. J’ai vu ça sur la page Phasme Book du meilleur glacier du quartier !
- P6P ! On en a déjà parlé hier, pas de chantage, dis-je.
- Oui, même que tu m’as fait pleurer ! chouine P6P.
- Si tu manges trop, tu vas grossir et ce n’est pas bon pour ton cerveau, tu le sais très bien ! Et quand on est un assistant d'inspecteur, on ne consulte pas sa page Phasme Book à tout moment ! Sois sérieux enfin !
- On peut grossir du cerveau ?!

Toc, toc, toc !
- Bon, tu vas l’ouvrir cette porte, oui ou non ? ! On ne fait pas attendre un client, bon sang ! Soignons notre réputation !
Derrière la porte, il y a quelqu’un qu’on ne voit pas souvent dans ce quartier de la forêt. C’est une chenille bien grosse et bien essoufflée, vêtue d’une chemise violette à carreaux, d’une écharpe rose pâle et d’un chapeau melon. Elle a l’air inquiète et elle tremble. Elle leur apporte sans doute une mauvaise nouvelle et sûrement une demande d’enquête.
- Bonjour madame. Que pouvons- nous faire pour vous ?
- Mon fils est en très mauvaise santé ! Ce matin, en nous baladant dans le parc, il a eu mal à la gorge puis il est tombé par terre d’un coup ! J’ai appelé l’hôpital mais il est complet ! Il paraît que beaucoup de personnes souffrent de mal de gorge et de décès par la suite !
- Quand on souffre de décès, rien de tel qu’une petite verveine-menthe ! rigole P6P.
La chenille n’apprécie guère la blague. Elle nous demande d’enquêter au plus vite pour savoir pourquoi son fils et toutes ces personnes sont malades.
« Je m’en occupe madame, ne vous inquiétez pas, dis-je calmement et en foudroyant P6P du regard. En plus, je vais tester ce que vaut mon nouvel assistant car j’ai encore des doutes. Cela fait trois jours qu’il est arrivé et je n’ai pas encore pu évaluer ses compétences. Sans me vanter, je doute qu’il soit un meilleur enquêteur que moi en voyant son attitude. Il a l’air d’un psychopathe … tiens ! Je n’avais pas remarqué… Ça sonne presque comme Psycho-Six-Pattes !



Direction : le lieu du drame. On se met en marche, en sautant un peu dans tous les sens. Il faut savoir que nous, les Collemboles, sommes de petits arthropodes pancrustacés à la démarche sautillante.
Mon grand-père m’a souvent dit qu’on était anciennement considérés comme des insectes aptérygotes, mais on forme aujourd'hui une classe à part, soit dans le sous-embranchement des Hexapodes, soit dans les Pancrustacea. Connus comme étant les plus anciens des hexapodes fossilisés, mes ancêtres étaient déjà présents au Dévonien, donc devinez quoi ? Avant les insectes !
Quoi, elle ne vous intéresse pas mon histoire ?

Nous voilà enfin sur place. Plus on s’approche du mourant, plus on le voit malade.
- Tu as passé une bonne journée ? questionne P6P.
- Non pas du tout … bredouille le mourant.
- Ne pose pas de question aussi idiote!
- Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer ! susurre P6P.
- C’est fini car je commence à mourir à cause des aca…aca…ac….

Puis le mourant meurt. P6P n’a l’air d’avoir compris.
- Les aca aca ac mais pourquoi tu bégaies ? On dirait mon petit frère de 3 ans qui va voir l’orthophoniste. Mon gars, n'oublie pas ton porte- monnaie car ce n’est pas gratuit !
- Tu es bête, tu n’as pas remarqué qu’il est mort ? dis-je gravement.
- Je croyais qu’il faisait une sieste ! s’exclame P6P.
- Tu le fais exprès ? Bon revenons à nos moutons, qu’est-ce que cela veut bien dire : aca… aca… ?
- Hum… académies, academia, acana, aquarium ? propose P6P.
- J’ai trouvé, c’est le bar des Acacias ! m’exclamé-je.
- Qu’est ce qui te fait dire ça ? dit P6P.
- Bah, essayons, on aura peut être de la chance.
Et l’inspecteur et son cher assistant partent sur la piste du bar des Acacias.

3. Le bar des Acacias

Alors que nous approchons, P6P m'explique que ce bar est réputé pour … sa mauvaise réputation, malgré le charme de l'endroit au pied d'un acacia. Les acacias ont l'avantage d'attirer pas mal d'espèces d'oiseaux. Ses grappes de fleurs odorantes produisent un miel de grande qualité, très limpide dont les insectes pollinisateurs raffolent. On trouve aussi une flopée de bactéries qui enrichissent le sol en azote. Mais pour P6P, le problème, c'est le trafic de sève que l'acacia produit en abondance, d'où sa mauvaise réputation.

- Couf, couf…
- D’où vient cette petite toux ? dis-je.
- C’est moi messieurs, couf couf ! dit un ver de terre avec une drôle de voix.
- Mais qu’est- ce qui vous arrive ? demande P6P.
- J’ai bu beaucoup de miel dont je suis friand, couf couf, dit le ver de terre ne mentant apparemment pas, vu son ventre enflé et rouge.
- Ici docteur P6P, vous avez bu trop de miel, enfin, je n’en suis pas sûr : je n’ai pas eu mon bac.
- P6P ! Arrête ! Je réfléchis. Et on reparlera plus tard de cette histoire de baccalauréat, hein !
- Euh, oui, oui… dit P6P un peu vexé.
- Non, je ne pense pas que ce soit l’abus de miel qui me fasse cet effet, je n’en ai bu qu’un litre ce matin, reprend le ver de terre d’une voix qui empire à chaque mot. En revanche, le miel avait un léger goût de choux de Bruxelles. Mais quand on a faim, on mange même si c’est amer. Pouvez- vous en parler au barman, j’ai trop de douleurs pour me déplacer, m'implore-t-il.

Je me dirige vers le comptoir, pas très rassuré car le barman n'a pas l'air de bonne humeur.
- Pardon, le ver de terre dit que votre miel a un léger goût de choux de Bruxelles, susurré-je.
- Nous y voilà ! S’il est mauvais mon miel, c’est à cause de Madame ! espèce de X censuré à la demande de l’association contre la violence X, dit-il en désignant une abeille accoudée au bar en train de siroter une liqueur bio.
- Ah c’est encore de ma faute ! dit l'abeille fort contrariée.
- Eh ! On se calme tout le monde ! interviens-je.
Tout le monde se calme sauf un petit groupe de limaces continuant à boire leur verre de miel ; elles étaient un peu lentes à la détente. Pile à ce moment-là, P6P se met à braquer tout le bar avec un pistolet en bois :
- F.B.I ! 
- P6P ! dis-je d’une voix agacée. Je me dis que j’aimerais bien me débarrasser de P6P à la fin de son stage. « Ce garçon est complètement immature » , pensé-je.
- Madame l’abeille, qu’avez- vous à dire pour votre défense ? dis-je.
- Cool ! On joue au tribunal ! Je suis monsieur Cocciprunelle, tu sais ? C’est le juge avec une drôle de moustache ! Toi tu fais l’av…
- P6P ! Ferme ton clapet jusqu’à ce que l’on sorte du bar !
L'abeille semble m'approuver car elle a besoin de se confier. "Il se passe des choses paranormales à la ruche. Venez dehors, je vous expliquerai ! " souffle l'abeille.
Je rassure le barman qui me demande de résoudre au plus vite cette affaire. Je lui recommande en attendant de ne plus servir de miel à ses clients. Puis nous suivons l'abeille qui déballe son sac.
L'enquête commence à se préciser. Il devient urgent d'inspecter la ruche la plus proche. Nous reprenons le chemin à travers la forêt.


 4. Une copine du CP

La forêt est sombre et calme mais le vent vient balayer quelques feuilles sous lesquelles une bande de vers de terre s'activaient. On les entend s'énerver : "Foutu vent ! On ne va tout de même pas courir après les feuilles pour les digérer ! " Et encore : "Ouais, déjà qu'on est moins nombreux pour produire de l'humus, vivement les grandes vacances ..."
J’aperçois une petite rivière où se baignent d’habitude plein d’abeilles, sauf que là, aucune abeille ne se baigne... Encore un indice qui vient s'ajouter à tous ceux qui tournent déjà dans ma tête.

A l'entrée de la ruche, une abeille gardienne procède au contrôle de routine. Nous lui expliquons notre enquête sur les abeilles malades ; on aimerait bien en interroger une ou deux. L’abeille nous dit qu’elles sont pour la plupart au fond de leur lit en train de récupérer.
Parmi les rares butineuses qui passent, P6P reconnaît sa copine du CP. Ils se rappellent qu’ils étaient nuls en dictée, ils étaient aussi BFF - Best Friends Forever. Ils se remémorent leurs bêtises à l’école comme la colle sur la chaise de la maîtresse. Ils étaient souvent punis, mais parfois, ils ne se faisaient pas prendre. Un jour, Mireille - c’est son nom - avait déménagé, car ses parents en avaient marre de P6P et de ses bêtises. Il s’était donc retrouvé tout seul, mais ils ne s’étaient jamais oubliés, ni l'un ni l'autre, après tant d’années.
- Ben qu’est-ce que tu fais là ? demanda P6P, tout content.
- Et bien je travaille, mais ce serait plutôt à moi de te poser la question, dit Mireille d’une voix un peu bizarre.
- Je fais partie d’une association qui sauve le monde, dit P6P essayant de faire bonne allure devant Mireille.
- En fait il est mon assistant, corrigé-je.

Soudain Mireille commence à s’étouffer, je lui donne une tape dans le dos.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demande P6P à sa copine.
- J'ai goûté du miel par terre et je suis tombée malade, raconte l’abeille. Je voulais vérifier s’il venait de cette ruche ou d’une ruche concurrente.

Cette fois, pas de doute, un miel est en train d'empoisonner tout le quartier. Je demande à Mireille où se trouve l'endroit. " Près du chemin des Quatre Trèfles" nous indique-t-elle.


 5. Au laboratoire

Au chemin des Quatre Trèfles, nous repérons effectivement des traces inhabituelles recouvrant un lit de feuilles mortes. En s'approchant un peu, ces traces semblent brillantes et un peu gluantes, mais cette fois-ci, nos amis les escargots n'y sont pour rien. P6P, qui n'a pas les yeux dans sa poche, distingue un morceau d'étiquette collée sous une feuille. Un début de mot est imprimé dessus : "INSECK..". Soit c'est une faute d'orthographe, soit c'est un nom publicitaire plutôt nul. Je ramasse l'étiquette ainsi que quelques gouttes du liquide.
- Eh ! J’ai une blague sur les étiquettes !
- Vas-y je t’écoute, dis-je un peu las.
- C’est l’histoire d’un garçon qui va en colonie de vacances, sa mère a oublié d’écrire son prénom sur l’étiquette de ses vêtements et ses camarades l’appellent « 100% coton ».

On rigole un peu tout en rentrant au laboratoire des enquêtes criminelles pour examiner le liquide.
- J’ai bien peur qu’il contienne de l’amalgame, dit P6P.
- C’est quoi ça ?
- C’est une solution solide d’un métal comme le mercure, on peut s’en servir pour les dents.
- Waouh comment tu sais ça ? m'étonné-je.
- C'est la seule chose qui m'intéressait à l'école.
P6P enfile une blouse et manipule quelques tubes à essai de différentes tailles. Il mélange le liquide gluant avec du Bleu de Bromothymol - je le sais, car c'est écrit dessus. La réaction chimique est immédiate.
- Punaise ! Regarde cette macromolécule.
- Cette macro quoi ?
- Une macromolécule. Je n'ai pas le temps de t'expliquer, regarde dans le microscope. Mince, j'ai oublié de mettre un catalyseur dans le tube à essai. Oh non, ça fait une réaction exothermique.
Cette fois, des bulles et de la fumée sortent du tube. P6P paraît très inquiet. Il n'a jamais vu un produit aussi toxique. Qui a bien pu balancer ça dans la nature ?


 6. Tout sur l'étiquette

Le lendemain, jour de repos. Je me rends seul au cimetière pour voir les améliorations sur la tombe de ma mère. Mon oncle l'a refaite il n'y a pas très longtemps car elle était usée. Oh, tiens, le croque mort !
C'est une limace qui ne respire pas la joie de vivre. Son teint blafard tranche avec la couleur noire de sa peau. Elle a les yeux cernés comme si elle sortait d'une insomnie de plusieurs nuits. Elle porte une cloche qu'elle fait sonner tous les soirs à 19h30 pour la fermeture du cimetière.
- Pourquoi avez-vous l’air aussi déprimé chaque fois qu’on vous voit ? lui demandé-je.
- Bonjour IC. Vous savez, il y a beaucoup de morts en ce moment. J’aimerais changer de job. J’en ai marre de voir des morts tous les jours, je voudrais faire un travail un peu plus joyeux !
Je lui demande son avis sur le nombre de victimes mais elle-même n'y comprend rien. Cela me laisse perplexe.
- Alors vous ne savez pas les conséquences que ça peut causer ? dis-je un peu à court de questions intelligentes.
- C'est-à-dire que … pardon… vous parlez des causes ou des conséquences ?
- Les deux, si vous avez des informations plus précises, prévenez-nous s’il vous plaît.
- Justement, j’ai trouvé un morceau d’étiquette sur le tee-shirt d’un petit garçon âgé d’à peu près 8 jours. Devant nous, gît le petit garçon de ce matin, la petite chenille. 

Mon sang ne fait qu'un tour : c'est le bout qui manquait à l'étiquette de P6P ! J'accole  fébrilement les deux morceaux et le nom apparaît : "INSEKTIMOR". Voilà donc le nom du produit chimique qui décime tout ce qui court sur pattes dans le quartier. Sans compter les larves de tout poil comme la petite chenille.
"Bizarre ce croque-mort" me dis-je à voix basse. Je pars en sifflant tristement. Il ne fait pas beau et un air froid coule le long de mon squelette externe. 
 

7. Les aca...

Mon premier est ce qu’on dit quand on crie de peur.
Mon second est le point commun entre un koala et un kangourou.
Mon troisième est le contraire de tout.
Mon tout est un insecte ?

P6P n'attend même pas que je réponde, trop content de sa devinette.
- Allez, je te donne la réponse : c’est des acariens, dit-il.
Sa blague me rappelle que lors de notre discussion, l'abeille rencontrée au Bar des Acacias nous avait parlé d'une bande d'acariens qui rôdaient autour des ruches. La petite chenille avait peut-être voulu nous prévenir ("aca... aca..") juste avant de défaillir. Et si c'était ça la bonne piste ? Nous décidons, enfin surtout moi, de rendre une petite visite chez les acariens.

Arrivés sur place, je dis à P6P de rester dans le buisson. Je rentre dans le repaire, je vois un acarien caché sous une feuille. Je soulève la feuille et l’interroge:
- Que faites-vous ici ?
- Jamais je ne vous le dirai !
L’acarien me saute dessus, mais il ne sait pas que j’ai fait du karaté étant jeune. Je le plaque par terre rapidement mais sûrement :
- Si vous ne coopérez pas, vous serez enfermé en prison pour quinze jours !
- Finalement, vous n’êtes pas si horrible que ça et puis j’en ai marre de mon boss, je veux travailler pour les gentils et vous raconter ce qui s’est passé.
Je le lâche. L'acarien décline son identité, Paul Machin, drôle de nom pour un drôle de type.

- Je vais vous raconter toute l’histoire de A à Z. C’est il y a un an, je suis tombé par hasard sur de l’insecticide et on m’a surpris à espionner. Mon boss m'a proposé un job en précisant que si je refusais, je passerais à la casserole.
- Un job ?
- Oui je devais arroser les plantes du coin avec ce produit, exclusivement la nuit pour ne pas me faire repérer.
 Voilà le fameux INSEKTIMOR ! m'écrié-je.
- Ah, vous connaissez ?
- Oui on a retrouvé l'étiquette près du cadavre de la petite chenille.
- Quel malheur, ça fait du bien de vider son sac ! soupire l'acarien.
- Maintenant reste à trouver votre boss… 
- Pas facile, je ne l’ai rencontré qu’une seule fois, il se cache des poulets… Il habite dans un baobab avec un serpent blanc et jaune qui l’entoure.
- Les poulets ? demandé-je.
- La police si vous préférez.
- Donc reprenons, il se cache de la police. Il est couvert d’or et s’achète tout ce qu’il veut. Il a acheté des tonnes d’insecticides pour tuer toutes les abeilles, il a commencé par des échantillons qui n’ont pas marché, c’est pour ça que les abeilles sont malades.
Je me dis que mon enquête est bien avancée. Mais il faut faire vite car les abeilles tombent comme des mouches.


 8. Chez le boss

On fonce et une fois sur place dans la forêt Acarienne, j’aperçois le fameux baobab entouré d’un serpent blanc et jaune ! On se réunit pour mettre un stratagème au point. Paul Machin nous propose de faire diversion en faisant croire au serpent que sa mère le cherche à l’autre bout de la forêt.
Aussitôt, le serpent les entend et glisse le long de l’arbre. "Intéressante conversation" siffle-t-il.
Nous tentons de nous échapper mais Paul se fait enlacer par le serpent. P6P ne peut le sauver mais réussit à entrer dans le baobab avec moi. On monte tout en haut et nous tombons sur le boss de Paul Machin.
Il ressemble à un homme d'affaires soucieux et même antipathique. Ses lunettes noires lui donnent un air agressif. Il porte un costard-cravate avec des lunettes noires brillantes, un chapeau marron foncé et des chaussures marron cirées.

J’explique alors mon plan à P6P.
- Hé, tu m’écoutes.
- Attends, Cyprien a sorti une nouvelle vidéo sur You- petit-tube.
- Pose ça !
Tout s'accélère. D'un bond, nous sautons sur le boss. On le plaque par terre et on lui passe les menottes. P6P envoie un e-miel au micro FBI. Cinq minutes plus tard, le FBI arrive sur les lieux et lance un filet de liane sur le serpent. Paul Machin, réjoui, s’échappe de tous ses nœuds.

P6P félicite Paul Machin pour la leçon de courage qu'il nous a donnée. Moi, je lui serre la patte et je fais la bise à P6P qui m'a épaté avec ses expériences en chimie. Je lui ai préparé une petite surprise, qui commence à couler sérieusement dans ma poche... une glace - goût lierre glaçage au miel. Vous en voulez une ?